Billet d’un boomer
Billet d’un boomer 
d’après la proposition 273 de https://ecriturecreative.fr/
Je ne sais pas trop par où commencer …
Plus exactement, je n’ai pas souvenance de ce jour, il y a très précisément 80 ans quand ma maman m’a fait ce merveilleux cadeau : la vie. Etait-ce une banalité pour elle ? Pensez donc : celui-là clôturait la série. La première – l’aînée – allait sur ses 18 ans, l’avant-dernière de la fratrie de neuf était déjà grandette. Du haut de ses deux ans, elle allait montrer le chemin au petit dernier, lui apprendre à maîtriser la langue familiale, cet occitan qu’on appelait plus simplement le patois … 
Puis, il y aurait la basse-cour, les poules, les cochons, les vaches, le chien et le chat et ? Les règles de l’art pour ne point encourir les foudres maternelles au cas où on s’écarterait du chemin balisé des conventions familiales.
Et ainsi, de jour en jour, de mois en mois et les années passant, les oiseaux s’envolent du nid, les sœurs deviennent mamans, le bébé devient écolier, il apprend tant bien que mal à maîtriser la langue de Molière. Nanti de son bâton de maréchal – le «certif», à son tour, il va bosser, tenter de trouver sa voie, puis l’âme sœur.
Ainsi va la vie … Cheminant au gré du temps qui passe, avec ses joies, ses peines, ses colères et ses résignations face à l’injustice quand, né parmi les sans fortune, faut quand même faire son trou, s’accommoder du plat qui vous est servi, si possible y ajouter son grain de sel, voire son morceau de sucre pour rendre la potion moins amère…
Bref, il y eut un commencement suivi d’un temps où on s’impatiente de ce temps qui s’écoule trop lentement parce qu’on a hâte de devenir grand. On ne sait pas …
On ne sait pas encore que le temps passe vite, celui du temps de travail, des semaines et des dimanches, des amourettes adolescentes, de l’amour matrimonial, des enfants qui deviennent à leur tour des adultes.
Et un jour, ça y est enfin, on vous octroie la retraite. Et alors là, vous dites-vous …
Alors là, enfin, est venu le moment des libertés. Enfin celles que vous octroient plus ou moins généreusement votre état de santé et l’étroitesse de votre portefeuille ou sa largesse… C’est selon … Selon la place tenue dans la société, tout en bas de l’échelle ou sur un échelon supérieur. L’égalité n’est point de rigueur selon qu’on est, pour reprendre l’expression de ce bon La Fontaine : puissant ou misérable.
Mais le temps passe… Et lui, il s’en fout ! Il passe ! Pour les uns et les autres, il ajoute de l’âge à parts égales. Et là, il ne s’en laisse point conter. L’une ou l’un deviendra centenaire, d’autres verront leur chemin écourté par la maladie, sachant cependant que la science, le progrès ont du bon, accordant largement une santé, sinon de fer, au moins bravant cahin – caha, voire clopin-clopant, des années de retraite.
Et ne voilà-t-il pas que celles et ceux , natifs dans l’immédiat après-guerre et même jusqu’à celle d’après, dite de pacification, sont parés d’un qualificatif issu de la langue anglaise : boomer ; d’aucuns considérant que celles-ci et ceux-là sont 
des privilégiés…
Bref, le commencement, c’était-il, il y a 80 ans ? Enfin, oui,
pour l’auteur de cette page. Mais il y eut un avant, et forcément,
il y aura un après.
Bref ? Brève, la vie ? Oui au regard de ce temps dont on
se souvient comme si c’était hier ce temps de l’enfance et à
fortiori du temps de retraité qui s’est – déjà !- écoulé comme
une traînée de poudre …
Et quand même, sans hésitation : vive la vie !!!
Dzan -Claoudi