La mouche ravageuse écrite pour https://ecriturecreative.fr/
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Proposition 320 La mouche ravageuse écrite pour https://ecriturecreative.fr/
Dans l’alignement de la plantation, cet arbre, manifestement en perdition, fait tâche. Quelle mouche l’a piqué pour qu’il dépare ainsi le bel ensemble ?
Cette image insolite ramène le touriste occasionnel revenu à son enfance quand l’automne se caractérisait par ces travaux coutumiers se concluant par une somme plus ou moins rondelette selon que la récolte était bonne, moyenne ou franchement réduite à la portion congrue.
Il y avait d’abord le passage de l’acheteur qui estimait la valeur du lot ; puis le paysan prenait ses dispositions alors que la fermière calculait à l’avance les volailles à sacrifier pour emplir le ventre des abaillaïrés, ramasseuses et ramasseurs. A moins que soit laissé à la nature le temps d’accomplir son œuvre : le moment venu, tombent à maturité les noix qu’il faut alors s’échiner à ramasser au fil des jours et vendre comme sèches.
Ainsi se déroulait octobre et le travail autour de la noix. Vendue verte, il fallait recourir aux gauleurs – les abaillaïrés ! – jeunes hommes agiles, susceptibles de se hisser au beau milieu du branchage du noyer. Ils étaient recrutés par le groupeur qui faisait commerce de «cacals» traités puis expédiés vers les magasins adéquats. Sinon, on se limitait à ses propres moyens pour récolter ses noix, et peut-être en tirer un plus grand profit qu’en noix verte.
La rigueur de l’hiver 1956 réduisit cette activité-là : la plupart des noyers dont certains séculaires ne survécurent pas à la grande froidure.
Les années passant, de nouvelles générations de paysans, devenus agriculteurs, se lancèrent dans la monoculture, en l’occurrence, nuciculture. Fini le temps des abaillaïrés et ramasseurs, la mécanisation est au rendez-vous. Les nouvelles espèces, principalement Franquette et Lara ont quasi remplacé la Marbot créée localement, il y a fort longtemps. Sophistiqué, le machinisme se charge de tout en un temps record : les noyers secoués mécaniquement se voient contraints de laisser tomber à terre leurs fruits ramassés par une machine circulant entre les rangées alignées de noyers. Les noix séchées dans des fours à gaz, triées sur un tapis roulant sont ensuite entassées dans des « palox » contenant quelques centaines de kg de noix. Quant au prix ? Ça va, ça vient … Et vogue la galère !
De1,5 à 2 tonnes à l’hectare, productivité répondant à un marché en expansion, voilà de quoi générer des plantations de noyers sur de grandes parcelles presque à perte de vue. Le jackpot ?
La mariée était-elle trop belle ?
N’est-il pas venu le temps du désenchantement ?
Aurait-il ce nom barbare : Geosmithia morbida ? Ce champignon provoque la maladie dite des mille chancres du noyer. Identifié aux États-Unis, ce fléau est apparu en Italie en 2013, il est disséminé par un insecte xylophage, le scolyte Pityophthorus juglandis.
Champignons, insectes, virus : vous êtes-vous passés le mot pour tuer le paysan qui misait sur la nuciculture pour se parer de la crise de l’agriculture qui ne sait à quel saint se vouer … Pardon – vers quelle production se tourner ?